L'auteur
Né en 1952, Jean-Louis Rambour vit en Picardie, près d’Amiens.
Publications :
Mur, La Grisière, 1971 Récits, Saint-Germain-des-Prés, 1976 Petite biographie d’Édouard G., CAP 80, 1982 Le poème dû à Van Eyck, L’Arbre, 1984 Sébastien, Cahiers du Confluent, 1985 Le poème en temps réel, CAP 80, 1986 Composition avec fond bleu, Encres Vives, 1987 Françoise, blottie, Interventions à Haute Voix, 1990 Lapidaire, CAP 80, 1992 Le bois de l’assassin, Polder, 1994 Le guetteur de silence, Rétro-Viseur, 1995 Théo, Corps Puce, 1996 / La Vague verte, 2005 L’ensemblier de mes prisons, L’Arbre à paroles, 1996 Le jeune homme salamandre, L’Arbre, 1999 Scènes de la grande parade, Le Dé bleu, 2001 Pour la fête de la dédicace, Le Coudrier, 2002 La nuit revenante, la nuit, Les Vanneaux, 2005 L’hécatombe des ormes, Jacques Brémond, 2006 Ce monde qui était deux, Les Vanneaux, 2007.
Jean-Louis Rambour a également publié quatre romans et deux recueils de nouvelles
Le livre
Pour éviter l’enfermement, il appartient au poète de Clore le monde, non comme on clôt une discussion, mais ainsi que se clôturent des espaces de mémoire dans «la beauté des hésitations de carrefour», pour célébrer les survivants. De toute manière, tout reste à dire, à inventorier, à inventer, puisque, au bout du compte, «Le perpétuel désastre du temps promet la paix».
Francis Chenot
Extrait
Il y a les pervenches, les fleurs bleu mauve de Rousseau (par qui placées devant son sarcophage au Panthéon ? chaque semaine rafraîchies), les pervenches qui font un philtre efficace, la chose est certaine, et qui enrayent l’hémorragie des poignets, qui évitent d’avoir la main du mort. Les pervenches qui sont le dernier remède conseillé par les Académies, de la médecine, du théâtre et des arts du cirque pour lutter contre tout, quand bien même la cage thoracique tremblerait de tous ses barreaux, qu’elle serait hantée par des visions nocturnes, quand bien même il faudrait chercher dans la plus petite vésicule d’air d’une algue verte, d’une ridicule chlorelle malodorante, une ultime ressource à nos poumons. Et si vraiment s’annonce la femme tête nue et bancroche avec ses esses de bouchère, avec sa chair emballée de bas plissés comme lampions, il y a encore la lune (les bossus et les bigles le savent) avec sa porte d’ivoire et de corne, capable de déplacer les océans et, bien sûr, de fermer un trou aux coeurs désuets. |